📊 En résumé
Le réseau de chaleur de Besançon Ouest, opéré par CUBP (filiale d'ENGIE) pour Grand Besançon Métropole, est un outil stratégique pour la transition énergétique, la souveraineté locale et le pouvoir d'achat. Alimente à 85% par des énergies renouvelables et de récupération (biomasse locale et incinération des déchets), il offre un coût de la chaleur inférieur de 10 à 40% à celui du gaz. Une nouvelle phase de développement (2025-2063) vise à presque doubler la taille du réseau pour desservir l'est de la ville, le moderniser (notamment en abaissant la température de l'eau) et atteindre 90% d'énergies renouvelables d'ici 2030 grâce à une nouvelle chaufferie biomasse et des innovations technologiques. Le projet, entièrement autofinancé par les factures des abonnés sans recours aux impôts locaux, s'appuie sur une gestion durable des ressources en bois, jugées suffisantes à l'échelle régionale.
🏭 Présentation du réseau de chaleur
Christophe GLASSON, directeur Développement de Réseau de Chaleur et de Froid Urbain chez ENGIE, présente le réseau de chaleur de Besançon comme une solution clé pour la décarbonation. Décrit comme un "chauffage central à l'échelle de la ville", le système actuel, vieux de 54 ans, a évolué d'une dépendance aux énergies fossiles (fioul, charbon) vers un mix énergétique vertueux, composé à 85% d'énergies renouvelables et de récupération (45% biomasse, 40% incinération des déchets).
Un nouveau projet de transformation, dans le cadre d'une délégation de service public (2025-2036), a été lancé. Il repose sur quatre pilier indissociables :
1. Extension massive du réseau de 35 km à 74 km ;
2. Modernisation incluant la digitalisation et un abaissement de la température de 160°C à 105°C pour réduire les pertes ;
3. Augmentation de la production décarbonée visant 90% d'ENR d'ici 2030, via une nouvelle chaufferie biomasse et des innovations couplant pompe à chaleur à absorption et laveur de fumée
4. Renforcement de la sécurité d'approvisionnement
Les représentants de GBM insistent sur le fait que la distribution de chaleur est une compétence de la collectivité et que le modèle financer est entièrement autofinancé par les abonnés ("la chaleur paie la chaleur"), sans recours aux impôts des citoyens, bien que préfinancé par CUBP et GBM avec l'aide de subventions (ADEME). Ils confirment également que la ressource en biomasse régionale est suffisante pour soutenir ce développement de manière durable.
📌 Points clés :
1. Enjeu national et local : la chaleur représente 43% de la consommation d'énergie finale en France, mais seulement 20% est décarbonée, faisant des réseaux de chaleur un levier essentiel pour la neutralité carbone
2. Mix énergétique vertueux : le réseau de Besançon Ouest utilise 85% d'énergies renouvelables et de récupération (40% incinération des déchets, 45% biomasse locale).
3. Projet d'envergure (2025-2036) : le réseau va presque doubler de taille (de 265 à 486 bâtiments), s'étendant vers l'est de Besançon. L'objectif est d'atteindre 90% d'ENRS d'ici 2030.
4. Modernisation et innovation : le projet inclut l'abaissement de la température du réseau à 105°C, l'installation de pompes à chaleur à absorption pour produire 10% de chaleur sans biomasse additionnelle, et la construction d'une nouvelle chaufferie biomasse poly-combustible (plaquette bocagère, écorces...).
5. Financement par les usagers : le système est entièrement financé par les ventes des chaleur aux abonnés (hôpitaux, logements, services publics). GBM et CUBP préfinancent les investissements, qui sont ensuite remboursés via les factures de chaleur, sans impact sur les impôts locaux.
6. Gestion durable de la ressource : la ressource en biomasse en Bourgogne Franche-Comté est jugée suffisant et gérée durablement, selon les connées d'un observatoire régional, pour soutenir l'extension du réseau.
7. Efficacité et stockage : des outils d'efficacités sont déployés, comme le lavage des fumées avec récupération de chaleur et un projet de stockage thermique journalier pour limiter le recours à l'appoint gaz durant les pics de froid.
8. Limites technologiques locales : la géothermie profonde et le stockage intersaisonnier ne sont pas jugés pertinents pour le réseau bisontin, bien que la géothermie sur sondes soit une solution viable pour des bâtiments individuels neufs ou rénovés.
💬 Questions / réponses
1. De quel type de biomasse s'agit-il ?
Il s'agit principalement de la combustion de plaquettes forestières issues de coproduits de l’exploitation (houppiers, branches), de bois d’éclaircie et de connexes de scierie. Le projet vise
à diversifier les gisements vers des ressources sous-valorisées comme les écorces, les
déchets verts et les plaquettes bocagères (issues de haies).
2. Le gaz est-il utilisé en appoint uniquement lors des grands froids ?
Oui. L'Unité de Valorisation Energétique (UVE) et la biomasse constituent la base de production. Le gaz est utilisé en secours et en appoint pour répondre aux pics de demande lors des périodes de grand froid, où la puissance nécessaire peut atteindre 50 MW. Un stockage thermique journalier est prévu pour lisser ces pics et réduire davantage le recours
au gaz.
3. Quelle est l'implication du changement climatique sur la ressource bois ?
Les sécheresses et le dépérissement forestier dégradent la valeur calorifique du bois et complexifient la logistique de récolte. Cela pousse à mobiliser de nouveaux gisements comme les haies, qui sont plus coûteux et de moindre qualité, nécessitant des technologies de combustion adaptées comme la gazéification.
4. La ressource en biomasse est-elle suffisante pour l'extension du réseau ?
Oui. Tout projet de ce type nécessite un plan d’approvisionnement validé par l’ADEME. Un observatoire régional suit la ressource et confirme une disponibilité confortable en Bourgogne-Franche-Comté. En 2019, le surplus non utilisé était de 600 000 tonnes/an, bien supérieur aux besoins actuels (30 000 tonnes) et futurs du réseau.
5. Comment est géré le financement et la gouvernance du projet ?
La distribution de chaleur est une compétence de Grand Besançon Métropole, qui a succédé à la Ville de Besançon en 2019. L’exploitation est déléguée à CUBP. Le financement est assuré exclusivement par les abonnés via leurs factures de chaleur, et non par l’impôt.
6. Y a-t-il d'autres projets de valorisation de chaleur dans la région ?
Oui, le projet de Novillars, également porté par GBM, valorise la chaleur fatale de la papeterie pour la distribuer. L’un des enjeux est d’intégrer davantage les surplus de chaleur industrielle dans les réseaux publics. Des dispositifs comme les thermo-frigopompes sont aussi déployés (ex: hôpital) pour capter la chaleur issue de la production de froid.
7. La géothermie est-elle une option pour le réseau de Besançon ?
Non, la géothermie profonde n’est pas adaptée au sous-sol bisontin pour un usage à l’échelle du réseau. Cependant, la géothermie sur sondes ou sur nappe est pertinente et déjà utilisée pour des bâtiments individuels ou tertiaires spécifiques (ex: Musée du Temps, Grande Bibliothèque).
🔎 Pour aller plus loin, voici la présentation de ENGIE :
📩 Contact :
Christophe GLASSON, directeur Développement de Réseau de Chaleur et de Froid Urbain chez ENGIE : christophe.glasson@engie.com